Laurent Wauquiez, la vie après la défaite : comment lutter contre soi-même
Laurent Wauquiez n’est pas un homme de droite. "Je suis l’homme le plus haï de France. Cela me donne une petite chance, n’est-ce pas, d’en être un jour le plus aimé." Bien sûr, défait, éreinté, esquinté, Laurent Wauquiez est mitterrandiste. Comment survivre autrement ? Comme l’ancien président qui, au lendemain des événements de Mai 68, se confie à Michèle Cotta, le chef des députés Droite républicaine croit en sa renaissance. Mourir dix fois n’a jamais empêché personne de se relever.
L’histoire de la Ve République et des précédentes regorge de résurrections réjouissantes, et des plus spectaculaires – Georges Clemenceau n’a-t-il pas cessé tout combat politique pour se consacrer au journalisme avant de devenir président du Conseil de la IIIe ? Le grand perdant de l’élection à la présidence des Républicains a connu tant de déconvenues, pourquoi accorder à la défaite de la veille plus d’importance qu’au revers de l’avant-veille ? Lui, le pugnace, s’y refuse.
A froid, il analysera cet échec électoral, il en tirera les conséquences, il fera de ses stigmates des forces, il… Mais si l’erreur fondamentale était de considérer comme "électorale" une débâcle qui n’est que personnelle ? Ce qui a tué Laurent Wauquiez hier le tuera demain, car il ne s’agit pas d’une inadéquation avec les attentes des électeurs, ni de majorité ou de minorité, il est question d’image, de ton, de ce que ce personnage donne à voir dès qu’il se sait observé : une fausseté malgré lui. Et la lutte contre la mort n’est rien à côté de la lutte contre soi-même.