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Algérie : comment la France de Mitterrand a couvert le coup d’Etat anti-islamistes

Un Radiocom 2000 appelle à l’Elysée. Nous sommes en 1992, les portables n’existent pas encore, mais la "valise" équipe certaines voitures. Comme celle de l’épouse de Jean-Charles Marchiani, qui, en ce frais matin de janvier, vient de quitter l’aéroport d’Orly. Ce cadre de Thomson, ancien agent du SDECE (l’ancêtre de la DGSE), rentre d’un aller-retour à Alger. Sur le périphérique, il commence à "rendre compte" de sa rencontre avec des militaires algériens à la présidence socialiste.

"Entre le premier et le second tour, il y a des contacts, auxquels je participe modestement, entre les généraux et la France", racontera-t-il plus tard à Naoufel Brahimi el Mili, historien, auteur de France-Algérie, 50 ans d’histoires secrètes (Fayard, 2017). Marchiani, homme de confiance de l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, ne fait pas mystère de ses réticences à voir arriver les islamistes au pouvoir. A Paris, François Mitterrand navigue entre les informations fournies par la Direction de la surveillance du territoire (DST, l’actuelle DGSI), celles de la DGSE, et d’émissaires plus indépendants, comme Marchiani. Une guerre intestine, nourrie par la "haine" entre les services - de l’aveu même d’un ancien dirigeant de l’époque -, donne à la crise algérienne autant de lectures que d’intervenants.

Depuis le 26 décembre 1991, le temps est comme suspendu entre Paris et Alger. Le premier tour des élections législatives a vu arriver largement en tête le Front islamique du salut (FIS). Des deux côtés de la Méditerranée, les calculettes s’affolent. Les commentateurs tentent d’évaluer les reports de voix éventuels au second tour, qui doit avoir lieu le 16 janvier. Quel que soit le scénario, une victoire des islamistes se dessine. Le président Chadli Bendjedid et les cadres du Front de libération nationale (FLN) sont tétanisés. En France, l’Elysée observe la situation lentement dégénérer. "François Mitterrand et ses conseillers les plus proches, dont Pierre Joxe, le ministre de la Défense, penchaient pour la poursuite du processus électoral", affirme Bernard Godard, ancien conseiller de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l’Intérieur.

"Des armes nucléaires juste en face de chez nous"

Mais l’Elysée reçoit des notes contradictoires. "Dans les services comme dans les milieux diplomatiques, on trouvait plusieurs thèses concomitantes, relate aujourd’hui Hubert Védrine, alors secrétaire général de l’Elysée. Les uns disaient que la montée de l’islamisme ne s’arrêterait jamais ; d’autres qu’elle était conjoncturelle." Cela fait pourtant une dizaine d’années que l’islamisme radical progresse. "L’Arabie saoudite, terrorisée par la prise de pouvoir des mollahs en Iran, a commencé à inonder le monde de propagande musulmane sunnite, reprend Hubert Védrine. Cela a contribué à la montée de l’islamisme dans le monde arabe et les banlieues d’Europe."

Depuis la révolution iranienne de 1979, le phénomène inquiète à Paris, en particulier la DST, qui perçoit un risque terroriste. Une série d’attentats en Ile-de-France entre 1985 et 1986 renforce leur conviction. Pour combattre les islamistes chiites (iraniens) comme sunnites (d’inspiration saoudienne), le contre-espionnage noue dès 1984 d’étroites relations avec les cadres du département du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien, qui deviendront plus tard généraux. "Les Algériens nous donnaient énormément de renseignements sur les islamistes", confirme Yves Bonnet, ancien patron de la DST et cheville ouvrière de ce rapprochement. Des relations fortes naissent entre les hommes. Aujourd’hui encore, Bonnet loue la "qualité" des renseignements fournis par son "ami" Smaïn Lamari, général-major à la tête du contre-espionnage algérien. Cette bonne entente se poursuit après le départ de Bonnet de la DST.

L’attention extrême portée aux réseaux islamistes continue tout autant. A l’automne 1991, le général Jean Guyaux, conseiller scientifique et militaire à la DST, imagine même un scénario catastrophe en cas d’arrivée au pouvoir du FIS après les élections législatives : celui d’une transformation de la centrale nucléaire d’Aïn Oussera, en plein Sahara, à des fins funestes. "La problématique de la DST, c’était que si le FIS pouvait prendre le pouvoir et instaurer un pouvoir islamique, il se serait retrouvé avec des armes nucléaires juste en face de chez nous", a-t-il relaté dans l’ouvrage DST : Police secrète, des journalistes Pascal Krop et Roger Faligot (Flammarion, 1999). Quand, quelques mois plus tard, le pire semble se réaliser, le service secret s’active. En janvier 1992, comme Marchiani, le général Philippe Rondot multiplie les allers-retours entre Paris et Alger. D’après Krop et Faligot, il s’y forge une conviction : celle que les généraux algériens ne laisseront pas le pouvoir au FIS "sans combattre". Les gradés promettent qu’ils protègeront les droits de l’homme - et notamment la vie du président algérien, Chadli Bendjedid, qui entretient une "bonne relation personnelle avec Mitterrand", comme le relate Hubert Védrine. "Pour les généraux, il était primordial que la France ne soutienne ni politiquement ni logistiquement les islamistes, estime Naoufel Brahimi el Mili. Et pour les services algériens, la coopération sécuritaire était importante." Question aussi d’honorabilité sur la scène internationale.

"Mitterrand donne son accord"

Officiellement, l’Elysée ne prend pas position. Car si la DST a son opinion, la DGSE en a une autre, très différente. Dès le mois de novembre, les agents de la DGSE estiment la victoire du FIS inévitable. Mais leur appréciation du scrutin diffère. Côté renseignement extérieur, on se méfie profondément des services secrets algériens. L’Algérie est même devenue, dès 1991, un sujet "majeur de préoccupation du service", comme le relate Claude Silberzahn dans son livre co-écrit avec Jean Guisnel, Au cœur du secret : 1 500 jours aux commandes de la DGSE (Fayard, 1995). Cet ancien directeur du renseignement extérieur, de 1989 à 1993, dénonce une lecture faussée par "l’exemple de la dérive islamique de l’Iran, qui obsède les esprits".

Dès la victoire du FIS au premier tour, la DGSE a transmis une note à l’Elysée, préconisant une "forte action de la France en faveur de la poursuite du processus électoral". La présidence française ne suivra pas ce conseil, visiblement désireuse de ne pas intervenir publiquement dans la politique algérienne. "Le consensus moyen était de constater que l’islamisme gagnait du terrain, mais que cela ne dépendait pas de nous", poursuit Hubert Védrine. Cela dépendra de l’armée.

Le 11 janvier 1992, les généraux contraignent Chadli Bendjedid à démissionner. Le deuxième tour des élections législatives est suspendu. Le lendemain, des blindés sont déployés dans les rues d’Alger et dans sa périphérie. "Mitterrand donne son accord, de manière sibylline mais très claire, pas formelle mais très claire, pour que le second tour n’ait pas lieu ; ce qui se produit", affirmera Marchiani dans un documentaire. François Mitterrand s’exprime deux jours plus tard, à l’occasion d’une conférence de presse au Luxembourg. "Je ne me porte pas juge de ce qui se passe en Algérie", prévient-il, appelant néanmoins à de nouvelles élections. Paris espère encore que Mohamed Boudiaf, figure du FLN, remplaçant du président algérien, pourra les organiser. Mais l’éclaircie n’aura pas lieu. Le 29 juin 1992, Boudiaf est assassiné. L’Algérie s’enfonce dans la guerre civile.

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