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Consommation en berne : le symptôme du mal français, par Nicolas Bouzou

L’Insee a publié il y a quelques jours une statistique largement passée sous silence, alors même qu’elle dit plusieurs choses profondes sur l’économie française, ses faiblesses, son avenir et ce qu’il conviendrait d’entreprendre pour améliorer la situation.

Au mois de mars de cette année, la consommation de produits manufacturés, mesurée en volume, c’est-à-dire corrigée de l’inflation, a baissé de 1 % en un seul mois, pour tomber à son plus bas niveau depuis novembre 2014, si l’on excepte la période exceptionnelle des confinements pendant le Covid. Quand on observe les courbes, on constate que, depuis 2021, la pente de la consommation est devenue structurellement déclinante. La tendance est particulièrement nette dans le textile-habillement et dans l’alimentation.

Utilitarisme contre mercantilisme

Il est parfaitement légitime de s’inquiéter d’un recul de la consommation. Certes, les écologistes radicaux aimeraient faire croire que consommer, c’est contribuer mécaniquement au réchauffement climatique, à la destruction des espèces et à la prolifération des plastiques dans les océans. Les décroissants font toujours la même erreur, celle de tout mélanger. Car il existe des consommations qui sont écologiquement néfastes et d’autres qui ne le sont pas. Acheter des assiettes jetables en plastique entre dans la première catégorie. Acheter un vélo, un thermostat ou une ampoule LED entre plutôt dans la seconde. Bref, critiquer "la consommation" en tant que telle fait écologiquement peu sens.

En revanche, cette baisse mérite une sérieuse analyse, d’autant qu’on peut affirmer que l’objectif ultime de la politique économique, c’est justement de permettre aux gens de consommer. Telle est en tout cas la vision de l’économie classique depuis l’utilitarisme du XIXᵉ siècle. A l’inverse, la doctrine mercantiliste, remise au goût du jour par Donald Trump, ses conseillers et ses secrétaires d’Etat, considère que l’objectif de la politique économique est d’exporter davantage qu’on importe. Trump voit dans le surplus d’exportations le substitut à une moindre consommation des ménages, ce qui constitue un gigantesque retour en arrière intellectuel.

Une croissance trop faible

Replaçons le raisonnement à l’endroit : le fait pour une économie d’exporter beaucoup signifie qu’elle produit massivement, donc qu’elle est compétitive. Il y a, dans ce cas, une forte probabilité que les entreprises versent de bons salaires permettant aux gens de consommer ce qu’ils souhaitent. Si la consommation recule chez nous, c’est parce que le pouvoir d’achat des Français ne progresse pas. Et s’il ne progresse pas, c’est parce que notre croissance économique est faible, de l’ordre de 1 % par an. A l’intérieur de ce 1 %, il faut faire entrer les augmentations de salaires, les profits des entreprises et les coups d’accordéon de la dépense publique. Or les entreprises doivent investir dans l’intelligence artificielle et la transition énergétique, et l’Etat doit, entre autres choses, se réarmer. Autant dire que la bataille pour capter les revenus supplémentaires générés par cette croissance famélique est âpre.

Au bout d’un modèle

Pendant longtemps, les pouvoirs publics pensaient avoir trouvé la parade. En augmentant son endettement, l’Etat pouvait financer la consommation des ménages par la redistribution et faire croître ses dépenses sans trop de souci. Mais le pays étant aujourd’hui surendetté, cette martingale n’existe plus. Pour apporter du pouvoir d’achat aux ménages et redresser la consommation, il n’existe plus qu’une seule solution : travailler plus et travailler mieux. Idée simple, idée juste. A ce titre, que nos boulangeries n’aient pas eu le droit d’ouvrir le 1ᵉʳ Mai est d’une ineptie insondable.

Travailler mieux, c’est combattre le déficit de productivité qui frappe notre pays : mieux préparer les jeunes à la vie active, améliorer l’offre de formations continues compatibles avec les besoins des entreprises, faire en sorte que ces dernières aient davantage accès à du capital pour investir dans les nouvelles technologies et la robotique… Tout ceci ne se fera pas en un jour mais cette baisse de la consommation a au moins un mérite : montrer de façon concrète que l’économie française est arrivée au bout d’un modèle qui ne valorise pas suffisamment le travail, l’investissement et la formation.

Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, est directeur du cabinet de conseil Astères

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