Laporte récupération investit 11,2 millions d'euros sur son nouveau site de gestion de la ferraille à Ussel
Il est bien loin le temps où Julien Laporte allait récupérer des métaux en scooter avant de les revendre. « J’ai commencé quand j’avais 14 ans. Avec mon scooter, j’allais récupérer les métaux dans les garages… », se souvient l’Ussellois. Il devient auto-entrepreneur en 2008, avant de créer en octobre 2013, la SAS Laporte récupération spécialisée dans le rachat et le traitement des métaux. Une activité en plein essor qui impose à la société usselloise d’investir sur un nouveau site. On vous explique.
Le site de la zone d’activité de la Petite Borde à Ussel est trop petitC’est le site historique, mais il est devenu, au fil du développement de l’entreprise, « trop petit. On s’est tellement développé que notre terrain est devenu trop juste. Nous n’avons plus de place et nous ne pouvons pas nous agrandir là-bas. Il y a un lotissement à proximité », résume Julien Laporte, le président de la SAS Laporte récupération. Outre ce site ussellois, l’entreprise compte aussi une antenne à Mauriac dans le Cantal. Faute de pouvoir s’agrandir sur son site historique qui va rester ouvert, Julien Laporte a choisi de créer une nouvelle plateforme de traitement des métaux.
45.000 m2 achetés dans la zone de l’EmpereurPas question pour lui de quitter Ussel, il a donc acheté début 2023 l’un des derniers terrains du Syma, dans la zone de l’Empereur, derrière Panneaux de Corrèze. Une surface de 45.000 m2 sur laquelle l’entrepreneur a investi 11,2 millions d’euros.Nouveau site pour la SAS Laporte Récupération à Ussel. Julien Laporte devant la ligne de broyage
Une volonté : pouvoir broyer sur placeLa SAS Laporte récupération rachète du fer et des métaux aux particuliers, aux professionnels et aux collectivités. Elle récupère notamment les batteries et la ferraille des déchetteries de Haute Corrèze communauté. Mais si la société dispose de plusieurs pelles et d’une presse à cisaille, elle n’a pas de broyeur. « Actuellement, on achète la ferraille, on dépollue, on la presse en paquet et on la vend à un broyeur. Des broyeurs, il n’y en a pas en Corrèze, pas à moins de 150 km autour d’Ussel. Si on n’investit pas dans un broyeur, notre activité stagne… Elle est actuellement de 8.000 à 10.000 tonnes annuelles », précise le chef d’entreprise. Les métaux après leur pré broyage
11,2 millions d’euros d’investissementSur ce nouveau site, la SAS Laporte récupération va donc investir 11,2 millions d’euros. Elle construit trois bâtiments, l’un pour l’administratif et le stockage des métaux, un autre pour la dépollution et qui comptera un atelier mécanique et un troisième pour le tri des déchets. Les travaux qui ont commencé le 12 avril 2023 sont bien avancés. Déjà, une ligne de broyage, « la seule en Corrèze, Creuse et Cantal », précise Julien Laporte, a été installée avec un imposant broyeur. Un pré broyeur qui réduit les matières a été construit ainsi qu’une grue de 100 tonnes. Enfin, une cisaille mobile de force de coupe de 1000 tonnes, est arrivée.Vue du nouveau site de la SAS Laporte Récupération à Ussel avec le pré broyeur
Le but : traiter davantage de tonnage et embaucherAvec ce nouveau site, l’objectif de la SAS Laporte Récupération est de traiter davantage de tonnages et de pouvoir broyer pour de nouveaux clients. « Le chiffre d’affaires est actuellement de 3 millions d’euros, annonce Fanny Delcosq, la comptable de l’entreprise. L’objectif est d’atteindre 10 millions d’euros sur la prochaine année complète. » Avec cette hausse d’activité attendue, l’entreprise espère embaucher « 5 à 6 salariés dès la première année complète d’activité. » Le site devrait entrer en fonctionnement à la rentrée de septembre. Les ferrailles qui vont être triées
Organisation. C’est toute une nouvelle organisation qui va se mettre en place dans la gestion de la ferraille. « Les camions chargés de ferraille sont pesés à l’entrée du site et on fait une réception visuelle, afin de voir s’il n’y a de bouteilles de gaz, d’imbroyables… dans la benne », confie Julien Laporte. Une fois déchargés au sol, les, métaux sont attrapés par la grue et envoyés dans le pré broyeur qui permet de réduire la masse. À nouveau la grue récupère ces métaux et les dépose dans le grand convoyeur qui les mène jusqu’au broyeur installé dans une grande enveloppe insonorisée. À l’issue, le tambour magnétique sépare le ferreux du non ferreux. Pour les non ferreux, une machine permet de séparer les métaux et les déchets qui repartent vers des lignes de tri en extérieur. Pour la ferraille, une personne vérifie qu’il n’y a, par exemple, pas de cuivre dedans… avant que la matière ne parte en aciérie. Pour la SAS Laporte récupération, ce nouveau site est un moyen d’obtenir de nouveaux marchés. « Avant, pour faire broyer de la ferraille, il fallait aller loin. Désormais, je vais pouvoir le faire chez moi et le proposer à de nouveaux clients », résume Julien Laporte. « En Haute Corrèze, il n’y a pas de broyeur alors qu’il y a des ferrailleurs. Certains d’entre eux vont donc devenir mes clients ». Il espère pouvoir atteindre un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros dès la première année complète d’exploitation.
Estelle Bardelot