InspiRe, c'est aussi à Cournon : de la place Gardet au plan de circulation, quatre questions sur les travaux en cours
Le maire de Cournon l’assure : « InspiRe, pour nous, c’est une chance », considère François Rage. Ici, la future ligne C du Bus à haut niveau de service (BHNS, ligne Durtol/Clermont-Ferrand/Cournon), le « tram-bus » comme l’appelle l’élu, doit « rendre la ville lisible, lui donner une colonne vertébrale en reliant les centralités de quartiers (le lac, la place Gardet, le lycée) ». Elle a conduit, aussi, la municipalité à en profiter pour engager ces derniers mois une vaste restructuration de la place Joseph-Gardet.
Place Gardet : où en sont les travaux ?La métamorphose est en cours. Cette place dédiée aujourd’hui à la circulation et au stationnement doit devenir un espace piéton de 6.600 m² destiné aux rencontres, au marché et aux grands événements de la commune. Lancés en octobre, les travaux ont été précédés d’une longue et imprévue phase de fouilles archéologiques, qui ont engendré un surcoût de deux millions d’euros à la charge de la commune.
Ces fouilles ont été suivies des premières déconstructions sur la place et l’heure est désormais aux aménagements. De premières voies piétonnes ont pris forme, ainsi que la future ligne C du « tram-bus ». Mais le chemin est encore long jusqu’à la création des espaces de rencontre, du miroir d’eau… La fin du chantier est toujours annoncée à l’été 2025, afin d’être prêt pour la mise en service du réseau InspiRe (annoncée en décembre 2025), puisque la ligne C transitera via cette future place de la République.
D’ici là, le chantier va notamment perturber la circulation du 1er juillet au 29 septembre avec la fermeture des trois grands accès à la place, qu’il ne sera plus possible de traverser en voiture durant trois mois. « On a fait le choix de tout fermer en même temps pour aménager ces entrées sur la place, afin que ça ne dure pas trop longtemps », justifie François Rage. En ce mois de juin, la municipalité doit aussi choisir les promoteurs chargés de construire les bâtiments qui borderont cette place et abriteront 80 logements et une quinzaine de commerces.
Quel est l’impact d’InspiRe à Cournon ?D’abord, « la commune sera incontestablement mieux desservie par les transports en commun », souligne le maire. Elle disposera de quatre lignes de bus au lieu de deux aujourd’hui, et surtout de l’une des deux lignes de « tram-bus ». Comme à Clermont-Ferrand, cette ligne C, qui traverse Cournon sur huit kilomètres de long, va conduire à la création de voies réservées aux bus sur une grande partie du parcours, et de voies piétonnes et cyclables sur tout le tracé.
Ces aménagements se font en deux phases. La première porte sur le secteur qui s’étend du quartier du Lac au lycée, via la place Gardet : les réseaux ont déjà été repris sur 3,5 km et les aménagements en surface vont commencer avenue de la Libération, qui passera en sens unique montant. La seconde est annoncée essentiellement pour 2027 : il s’agira d’aménager l’axe menant du quartier du Lac à l’avenue Ernest-Cristal à Clermont-Ferrand.
Quels effets sur le plan de circulation ?Parce qu’il s’agit de faire de la place pour créer des voies réservées à la circulation des bus de la ligne C, l’avenue de la Libération et l’avenue de la Liberté passeront en sens unique : la circulation des véhicules sera possible de l’ouest vers l’est. Mais ce ne sont pas les seuls changements attendus dans le plan de circulation à Cournon, à compter d’octobre.
« Les aménagements liés à InspiRe et au cœur de ville pourraient avoir des conséquences sur le vieux bourg, l’école et le collège, or on veut protéger ces zones, explique François Rage. Concrètement, on veut permettre aux gens d’y rentrer mais on souhaite aiguiller la circulation dite de transit ailleurs. » La volonté va se traduire par l’installation de sens interdits à plusieurs endroits dans le vieux bourg.
Moins de places de stationnement ?C’était l’une des inquiétudes exprimées par des Cournonnais, et notamment des commerçants du quartier du Lac : la suppression des places de stationnement dans le cadre des aménagements de la ligne C et de la piétonnisation de la place Gardet.
En réponse, la municipalité a, d’abord, installé une zone bleue de stationnement il y a quelques mois. « Et ça fonctionne, on a distribué 14.000 disques, se réjouit le maire. On s’est aussi engagé à recréer le nombre de places de stationnement supprimées : il y en aura une soixantaine sur l’espace Gimel et une cinquantaine avenue de la Liberté, en plus d’une quarantaine dans le quartier du Lac. »
Et le coût du projet ? Il a augmenté, en raison des aléas liés aux déconstructions et aux fouilles archéologiques, et est désormais évalué à 18 millions d’euros.
Arthur Cesbron