Pénurie de carburant : les départements les plus touchés
Les grèves contre la réforme des retraites ont de plus en plus de conséquences pour les automobilistes. Les départements de l’ouest sont particulièrement affectés par les pénuries de carburant. Le département le plus touché devient la Loire-Atlantique avec 53,37 % des stations en pénurie d’au moins un carburant, selon des données publiques analysées ce jeudi 23 mars par l’AFP. En Loire-Atlantique, la raffinerie de Donges a cessé ses expéditions de carburants depuis de nombreux jours.
D’autres départements de l’ouest sont également très affectés : le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne, le Maine-et-Loire sont tous au-dessus de 40 % de stations en pénurie. Le sud de la France reste lui aussi très touché : les Bouches-du-Rhône et l’Aude sont au-dessus de 40 % et beaucoup d’autres départements à plus de 30 %.
A l’échelle nationale, la pénurie d’essence et de diesel en stations-service augmente. Selon l’AFP, 15 % des stations françaises manquent de l’un ou l’autre ce jeudi, et 7,65 % des stations sont à sec. La France compte 200 dépôts pétroliers et les pétroliers ont anticipé pour éviter la pénurie géante d’octobre 2022 causée par un conflit sur les salaires chez TotalEnergies et Esso.
"Le gouvernement suit la situation heure par heure"
A la raffinerie TotalEnergies de Normandie, à Gonfreville-L’Orcher, la préfecture n’a pas envoyé de policiers chez les salariés pour remettre les courriers de réquisition mais elle a dépêché un huissier mercredi soir sur le site, selon Alexis Antonioli, secrétaire général CGT de la raffinerie.
Ce jeudi après-midi, les grévistes de la raffinerie ont reconduit "le refus de relève", et donc décidé de ne pas prendre la suite de leurs collègues en poste depuis plus de 24 heures, évitant ainsi de se voir remettre les lettres de réquisition qui les obligeraient à reprendre le travail, a déclaré à l’AFP Alexis Antonioli. Concernant les équipes en poste, le préfet ne peut pas les réquisitionner, car elles ne peuvent plus procéder à des expéditions au-delà de 12 heures de travail, pour des raisons de sécurité.
La raffinerie TotalEnergies de Normandie est sur les mêmes oléoducs que la CIM (Compagnie industrielle maritime) au Havre et la raffinerie Esso-ExxonMobil voisine de Port-Jérôme-Gravenchon, qui alimentent les aéroports parisiens. Les expéditions de carburants de la raffinerie Esso sont également bloquées, selon la CGT.
L’entreprise TotalEnergies n’a qu’une raffinerie sur quatre qui fonctionne encore, à Feyzin près de Lyon, d’où les grévistes continuent d’empêcher toute expédition. Deux autres (Donges, en Loire-Atlantique, et la bioraffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône) sont arrêtées pour des raisons autres que la grève. La seule raffinerie française de la société Petroineos à Lavéra (Bouches-du-Rhône) s’est également arrêtée à cause de la grève.
"Le gouvernement suit la situation heure par heure et département par département avec les professionnels et les préfets. Nous intervenons de manière ciblée pour débloquer les dépôts qui sont entravés par des manifestants. Dès lors que les réquisitions ne pourront être évitées, nous prendrons nos responsabilités", a déclaré la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.