Coups d'orties, douches froides et privation de repas : quand des parents deviennent tortionnaires
Deux ans et demi après avoir été condamnés le 15 octobre 2020, respectivement à douze ans et huit ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Yonne, pour actes de torture ou de barbarie sur leur fille Laura (*) aujourd'hui âgée de 9 ans, Sirile Blanchet et Nadège Cousin étaient de retour au tribunal judiciaire d'Auxerre, ce jeudi 23 mars 2023.
Cette fois, les parents tortionnaires de Tonnerre étaient jugés pour "des violences sans incapacité sur des mineurs de 15 ans, par ascendant". Ils auraient fait subir à trois autres de leurs cinq enfants, désormais âgés de 17, 12 et 11 ans, des violences entre juin 2015 et avril 2018. Ils encourent trois ans de prison.
Les faitsTout est parti d'une information préoccupante concernant la petite Laura. "Les services sociaux se sont appuyés sur les éléments du dossier Laura pour enquêter sur des maltraitances subies par les autres enfants de la fratrie", recontextualise le président Grégory Hontcharenko, en début d'audience.
Pour Me Julien Lewden, avocat de Nadège Cousin, il n'y a "pas eu d'intention de commettre des violences" de la part de sa cliente, "une maman qui n'a pas agi correctement". Il a souligné les excuses présentées dès sa première prise de parole et les mauvais traitements qu'elle a elle-même subis, étant enfant. Il a demandé la relaxe.
Me Christelle Geoffroy, l'avocate de Sirile Blanchet, a minimisé son importance. "Il a eu un rôle moindre que Madame. Les mauvaises idées, c'est elle qui les a, pas lui. Il est sans doute tombé amoureux du mal et il n'a pas su dire non."
Enfin, Me Elisabeth Moyne-Bouillot, l'avocate de la grand-mère, a demandé la relaxe. "Les faits ne sont pas caractérisés. Les déclarations des enfants ne sont pas spontanées, s'agissant des orties. C'est une grand-mère qui serait incapable de faire du mal à ses petits-enfants."
La décisionLa décision a été mise en délibéré au jeudi 27 avril à 13 h 30. Dans l'attente, les deux prévenus sont retournés dans leur cellule, au centre de détention de Joux-la-Ville, où ils ont tous les deux un emploi. La grand-mère comparaissait libre.
(*) Le prénom a été changé.
Thomas Ribierre thomas.ribierre@centrefrance.com