Une belle histoire de famille
C’est tout de suite après-guerre que Camélia Springard avait l’habitude, chaque année, pour la fête patronale de l’Ascension, d’installer sur les cours son stand de tir, à une époque où la fête foraine s’étalait sur les trois cours et dans tout le centre-ville, drainant une foule considérable. Son père, déjà forain lui aussi, installait ses manèges à Cusset avant-guerre.
« Dans la famille, nous sommes tous forains de père en fils », précise Éric Criquelion, sur son manège d’autos-tamponneuses, petit-fils de Camélia pour laquelle il porte une véritable vénération. « Ma grand-mère, disparue à 92 ans, en 2020, a eu 7 enfants, ajoute-t-il et, veuve très tôt, a dû élever seule sa progéniture tout en exploitant son stand de tir ». Lui aussi a l’habitude, tous les ans, d’installer son manège sur la commune, en mars, puis pour l’Ascension et pour le 11 novembre.
D’autant plus qu’à côté de lui, son cousin exploite une loterie, son beau-frère, quelques mètres plus loin, un stand de tir où les gamins s’exercent à tirer sur des ballons qui virevoltent. Et il en est de même pour le stand qui propose crêpes et churros, et le manège pour enfants d’André Roux. Bref, toutes les attractions installées ici sont exploitées par des membres de la famille Springard ! « C’est la 5e génération de Springard forains, annonce avec fierté Sony » arrière-petit-fils de Camélia. Tous ont à cœur de revenir ici chaque année, « car nous avons la chance de pouvoir nous installer en centre-ville, ce qui n’est pas le cas partout, et en plus, pour un prix symbolique », disent-ils en remerciant la mairie. Éric Criquelion évoque la multitude de ses souvenirs de fêtes de l’Ascension de la grande époque, et aime à rappeler qu’ayant été élève de l’école Notre-Dame toute proche lors des arrêts à Cusset, il fut baptisé sur un manège, sur le cours Arloing, par le curé de la ville, en présence des sœurs de l’école, ce qui n’est pas banal.
Et celui-ci d’ajouter, que même si le métier de forain est de plus en plus difficile et nécessite d’avoir une autre activité à côté, il n’envisage pas de lâcher ce métier de passion tant qu’il verra, dit-il, les yeux des mômes qui brillent sur son manège. Mais de là à ce que son fils puisse perpétuer la tradition familiale, c’est une autre histoire.
Ils viennent de quitter les platanes du cours, mais promis juré, la famille Springard sera de retour pour l’Ascension, comme tous les ans depuis des décennies, avant d’exporter lumières et flonflons au Mayet-de-Montagne, pour Pentecôte, où ils sont également attendus.