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Pourquoi ils ont démissionné de l'Education nationale

En juin 2022, le Sénat a livré un rapport d’information sur les conditions de travail des enseignants, faisant état d’un d’une hausse constante des démissions depuis dix ans. Ce n’est pas le premier signal d’alarme des parlementaires qui, en novembre 2016, dressaient un constat identique.

Phénomène observé depuis 2012

Dans un avis rendu dans le cadre du projet de loi de finances 2017, ils rapportaient les chiffres suivants : entre 2012 et 2016, sur 57.882 professeurs recrutés dans le second degré, 967 stagiaires et 1.833 titulaires ont quitté les bancs de l’Éducation nationale. Durant la même période, sur 44.220 professeurs du premier degré recrutés, 732 stagiaires et 1.833 avaient pris la même voie.

Dans un rapport d’information du 8 juin 2022, le Sénat fait état d’un nombre de démissions dans l’Éducation nationale « en hausse constante depuis dix ans ». Un « signal faible » mais « extrêmement inquiétant », insistent les sénateurs. « Loin d’être un phénomène conjoncturel », c’est un « autre symptôme de la crise d’attractivité du métier d’enseignant », selon la chambre haute du Parlement. Ainsi, « chez les enseignants titulaires, le taux de démission est passé de 0,05 % en 2008/2009 à 0,32 % en 2020/2021 ». Le phénomène est plus marqué chez les enseignants stagiaires. Leur taux de démission « est actuellement dix fois supérieur à celui des titulaires : 3,2 % d’entre eux ont démissionné au cours de leur stage en 2020/2021, contre seulement 1 % dix ans plus tôt ».

C’est peu, certes, rapporté aux effectifs globaux, mais dans le détail, le phénomène progresse, notamment pour les stagiaires dont les taux de démission sont passés de 1,08 % à 3,18 % dans le premier degré et de 1,14 % à 2,48 % dans le second degré, entre 2012 et 2016.

Sophie a démissionné après trois années d'enseignement 

Sophie fait partie des 342 enseignants concernés de l’année scolaire 2013/2014. La Montluçonnaise a pris sa décision après trois ans dans l’Éducation nationale.C’est une période à la fois courte et très longue pour la jeune femme de 36 ans, qui tient à préciser : 

C’est la meilleure décision que j’ai prise. C’est dommage. J’adorais l’enseignement. Cela se passait bien avec les élèves, les parents. Mais les conditions de travail sont déplorables.

La liste de ses griefs est longue. Le premier : le sentiment de ne pas être entendue et soutenue par la hiérarchie. En 2012/2013, elle est en poste dans un RPI du secteur de Montluçon et il y a « souci avec un élève de CM2 très violent. J’ai fait un signalement social. Cet enfant ne savait pas lire et ne connaissait pas son alphabet. On m’a répondu : “Vu sa famille, à 14 ans, il sera ouvrier.” J’étais face à un système qui broie les enfants comme on broie les poussins. »Photo Cécile Champagnat

Septième lettre de démission acceptée

L’année suivante, Sophie, qui pense déjà à une reconversion, exerce à mi-temps : 

Je me suis retrouvée dans une classe de maternelle de trente-six enfants, entre 2 et 4 ans. Le matin, tous étaient là et l’après-midi, certains repartaient. Il y avait un enfant lourdement handicapé, ses parents étaient très impliqués, mais pour avoir un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), ça a été un combat.

C’est trop. Elle remet sa lettre de démission en décembre 2013. Refusée. « Je ne pensais pas que c’était possible, sourit-elle. J’en ai envoyé sept au total, une par mois. La dernière a été acceptée. » En juillet 2014. Entre-temps, « on te fait culpabiliser, on te fait sentir que tu as échoué, que tu n’as pas su t’adapter ».Aujourd’hui autrice, Sophie a continué à donner du soutien scolaire jusqu’en 2019. « J’avais démarré en 2008. C’est génial. On est face à face avec l’élève, des jeunes et des adultes. C’est stimulant. Ma patronne était géniale aussi, j’étais soutenue. »

L'optimisme d'Eloïse « refroidi » rapidement

Éloïse, 30 ans, a aussi donné des cours particuliers quand elle a quitté l’Éducation nationale. « C’est beaucoup plus gratifiant. On se sent plus utile. Et c’est plus facile aussi, avec un élève à la fois », raconte cette Montluçonnaise qui vit aujourd’hui à Clermont-Ferrand. Elle a trouvé un emploi loin de l’enseignement où elle avait démarré avec beaucoup d’« optimisme ». Elle a été « refroidie » rapidement, en 2017, son Capes et son titre de professeure de lettres en poche : 

Je me suis retrouvée face à des BTS, à Riom. Pour une première année, c’était compliqué. Les élèves avaient le même âge que moi…

Avec son autre classe de seconde, le courant passe mieux, puis Éloïse est mutée dans l’académie d’Amiens. « C’était dur, mais on sait que ça se passe comme ça. Je me suis dit : “Ce n’est pas si mal, ce n’est pas la banlieue de Paris”. »

Mutée dans l'académie d'Amiens, sans classe

En septembre 2018, la jeune femme arrive dans le collège où elle est affectée, pour se retrouver sans classe. Une erreur de calcul : 

Là où j’ai ragé, c’est que j’avais demandé une année de disponibilité pour passer mon agrégation, qu’on m’a refusée parce qu’on avait besoin de nous !

Les mois passent et elle finit par travailler à partir de mars 2019. L’année suivante, elle obtient sa disponibilité pour l’agrégation et revient en poste, sur deux collèges, en septembre 2020 : 

C’était dans l’Oise. J’avais trois classes dans un établissement et un dans l’autre. J’avais de la chance, ils n’étaient pas trop éloignés l’un de l’autre, dix ou quinze minutes en voiture. J’ai commencé à déchanter, même si j’avais une super équipe autour de moi. J’ai commencé à prendre conscience que le système ne me convenait pas trop. Je ne me sentais pas soutenue par ma hiérarchie dont le souci était de faire remonter le moins d’incidents possibles.

Le sentiment de ne pas être soutenu par la hiérarchie

Et des incidents, forcément, il y en a. Éloïse se souvient d’une élève qui se scarifiait en classe. Elle décide de l’envoyer à la vie scolaire pour un passage en infirmerie. « J’ai été convoquée par la principale qui m’a dit que je n’avais pas l’autorité pour faire ça et que je n’étais pas “capable de gérer”. »

Le tout en étant professeure principale de deux classes. Un enfer : « Je n’avais plus de week-ends. Un jour, je n’ai pas pu sortir de ma voiture, arrivée dans la rue du collège. J’ai été arrêtée un moment et réussi à finir l’année », avant de rentrer à Clermont-Ferrand où était revenu vivre son conjoint. Elle est alors de nouveau en disponibilité, jusqu’à sa démission officielle, en février 2022. « On ne m’a posé aucune question. »

Professeure stagiaire et déjà des questionnements

Margot est professeure d’anglais dans le second degré, à Montluçon. C’est sa première année et « tout se passe bien ». Sauf qu’elle vient d’apprendre qu’à la rentrée, elle serait mutée dans l’académie de Versailles.

Première pensée : démissionner. « Mais c’est délicat quand on a eu le concours. Je verrai sur le long terme, selon l’endroit où je serai affectée, l’ambiance de l’établissement. Je le saurai en mai. J’ai demandé l’Essonne ou le Loiret, c’est à deux heures de route de mes proches. Je suis de Saint-Amand-Montrond (Cher). Mais je trouve que c’est difficile de demander à des jeunes de tout quitter du jour au lendemain, pour plusieurs années », commente la jeune femme de 22 ans.

Vingt-cinq ans de carrière pour Bruno

Bruno, lui, compte vingt-cinq ans de carrière dans l’Éducation nationale. Ce professeur des écoles de 50 ans, à Montluçon, réfléchit à une reconversion, très progressive, dans le taï-chi.

 

Photo Cécile Champagnat

 

Il pratique cet art martial depuis vingt ans et donne des cours en tant que bénévole depuis huit ans : 

Dans cinq ans, j’aimerais être à mi-temps. Mais j’ai deux enfants et il faut vivre aussi. Pour moi, c’est toujours le même métier, mais la façon et les moyens ont changé. Je remarque une infantilisation des collègues, un flicage, tout en prodiguant un discours de bienveillance. La fonction publique aujourd’hui n’est plus très rassurante aussi : il y a la sécurité de l’emploi, mais les salaires ne suivent pas.

Bruno est aussi syndicaliste chez Sud Éducation. 

Seher Turkmenseher.turkmen@centrefrance.com

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