Quel est ce collectif qui entretient les chemins ruraux de Creuse ?
Les petits coins de balade sont-ils en danger ? Charles Péot tire la sonnette d’alarme. Le directeur de l’association Collectif de défense des loisirs verts (Codever) veut sauver les chemins ruraux et détaille les problématiques auxquelles ils doivent faire face.
Quelle est la situation pour les voies pédestres creusoises ?
La Creuse, en tant que département rural, est mieux dotée en chemins. Elle est moins concernée par une disparition de ces sentiers causée par l’urbanisation. C’est la problématique de l’usage qui s’applique dans son cas, comme en Corrèze ou Haute-Vienne. Il y a beaucoup de chemins dans ces départements ruraux et moins peuplés. Et le hic, c’est qu’ils ne sont pas tous utilisés. Or, en trois à quatre ans, ces chemins disparaissent sous la broussaille et les communes préfèrent les vendre aux riverains et on perd ce patrimoine.
Bruno Barlier
Seul le passage fréquent de voitures, de quads ou de tracteurs peut ralentir la progression de la végétation. Pas vraiment possible sans balisage et entretien des voies au préalable.
Quels obstacles se dressent face à l’entretien des chemins ?
L’entretien de ces sentiers n’est pas une dépense obligatoire pour les communes. Il se fait souvent de façon épisodique, selon leur budget. Pourtant, la mise en valeur de ces pistes entraîne le développement du tourisme local grâce aux amateurs de randonnées pédestres et équestres, de VTT et de moto. Selon un adhérent sostranien, il y a des progrès depuis quelques années dans son secteur. Les communautés de communes trouvent maintenant plus d’intérêt à l’entretien des chemins.@Bruno Barlier
Certains riverains représentent un autre défi : il y a des phénomènes d’accaparement où des voisins s’approprient un sentier à l’aide de clôtures. Bien évidemment illégales, ces pratiques ne sont souvent pas condamnées. Face à des procédures interminables, les communes abandonnent et vendent les morceaux de terrains.
Des solutions en vue ?
Plutôt que de privatiser les chemins, les communes aux petits budgets peuvent les confier à des associations syndicales d’agriculteurs, un acte réglementé pour un entretien régulier. Dans la Nièvre, le département a invité les motocyclistes à emprunter les chemins non balisés pour empêcher les ronces de pousser.@Bruno Barlier
Par ailleurs, il arrive que les enquêtes publiques avant la vente d’un chemin tombé dans l’oubli manquent de publicité. Elles permettraient pourtant une prise de conscience sur l’existence du sentier et donc, une mobilisation de la part des adeptes de randonnées en tout genre.
C’est ce qui s’est passé quand nous avons lancé un appel à réhabiliter des chemins ruraux pour la « Journée des chemins ». Les adhérents de Codever et les fédérations sportives s’en sont saisis, comme à Colondannes. Il faut que les usagers, piétons comme cyclistes et motards, se retroussent les manches. Et, en Creuse, il y a en plus une vraie tradition autour de la moto.@Bruno BarlierDe telles démonstrations d’intérêt nous aident ensuite quand il s’agit pour l’association de proposer des amendements aux députés. On œuvre ainsi à pouvoir rendre nulle une vente si le chemin est impraticable à cause d’une entrave comme des clôtures posées par un riverain par exemple.
Comment naît un chemin de randonnée en Creuse ?
Propos recueillis par Charlotte MathiotPhotos Bruno Barlier