La foire ne fait plus battre le cœur de ville
Au Moyen-Âge, les foires de Bort bénéficiaient de la position idéale d’une ville située à la limite de l’Auvergne et du Limousin, et drainaient les populations des deux provinces. Déjà, en 1482, Louis XI en faisait état dans une lettre patente par laquelle il confirmait à la ville de Bort le droit de les tenir, au détriment du bourg de Madic (Cantal), qui les revendiquaient.
Un temps révoluIl est définitivement révolu le temps où les bateleurs se livraient à des tours de passe-passe, pendant que les forains haranguaient la foule avec force bruissements pour vanter leur bricole.
Le développement de la grande distribution en 1970-1980, la vente par correspondance, puis désormais internet entraînent une phase de déclin qui se fait sentir dans toute la France, avec plus ou moins d’intensité suivant les lieux.
À Bort-les-Orgues, la foire non alimentaire organisée le deuxième et le quatrième mardi du mois, place Marmontel, se réduit depuis des lustres comme peau de chagrin avec, à présent, deux exposants au maximum.
Alors que pour sa part, le marché hebdomadaire du samedi matin, place Jean-Baptiste-Papon et dans les rues adjacentes, connaît une importante fréquentation.
Antoine, d’Égletons, habitué de la foire de Bort depuis plus de cinquante ans, tient un stand de vêtements. « Il n’y a plus de marchands car ils ne font plus leur beurre, précise Maria, la belle-sœur du propriétaire de l’étal. Beaucoup de détaillants ont de surcroît pris leur retraite et la pandémie de Covid-19 n’a pas arrangé les affaires ».
Un sentiment partagé par Christophe Espinasse. Originaire d’Ussel, il vend des chaussures et vient au pied des orgues depuis 1986. « Quelques stands alimentaires le jour de la foire seraient un plus, indéniablement », confesse-t-il.
Comment donc retrouver cette ambiance des foirails d’autrefois ? Il y a belle lurette que les marchés aux bestiaux ont disparu sur le territoire du chef-lieu de canton. Le champ de foire, qui était tombé en désuétude et donnait un sentiment d’oubli et d’abandon, a été transformé en place en 2006. « Les foires gardent néanmoins toute leur raison d’être, dans la mesure où elles perpétuent des pratiques ancestrales, souligne un octogénaire. Elles ont en outre une autre vertu, celle de permettre des rencontres fortuites et aussi de converser ».
« Observer, écouter et réfléchir »Alors que faire ? Regrouper en un même lieu foire et marché ? Le maire, Éric Ziolo, livre une explication : « La baisse de fréquentation de la foire date de longtemps. Je me souviens, quand je m’y rendais enfant avec mes parents, que la place était bien remplie. Autre temps, autres mœurs et même si on ne peut pas forcer le destin, on peut toujours essayer de l’influencer. Au gré des discussions avec les Bortois et les acteurs économiques, on échafaude des plans pour redonner du dynamisme à la foire. Son couplage avec le marché hebdomadaire est une piste souvent évoquée. La présence de stands de la foire le samedi matin ne serait pas mal vue pour certains, pas par tous. Le marché vient de s’installer dans ses nouveaux locaux et prend tout juste sa vitesse de croisière. Faut observer, écouter les exposants du marché et les commerçants bortois, prendre le pouls pour miser sur le coup gagnant-gagnant. C’est ce que nous faisons ».