Le spécialiste de l'usurpation d'identité condamné à dix-huit mois ferme, avec mandat d'arrêt, par le tribunal de Clermont-Ferrand
Tout débute de façon somme toute assez banale, le 19 juillet 2019, vers 0 h 20, dans le secteur du jardin Lecoq, à Clermont-Ferrand. Un conducteur en état d’ivresse, se présentant comme un dénommé Ayoub M., est intercepté par la police après un refus d’obtempérer.
Lors de son interpellation, il se rebelle contre des policiers, exerce des violences à leur encontre, puis refuse de se soumettre au contrôle d’alcoolémie.
Une situation totalement ubuesque pour la victimeLe 28 janvier 2020, le tribunal correctionnel clermontois le condamne pour ces différents délits à huit mois de prison, ainsi qu’à une annulation du permis. Il doit en outre verser 600 euros de dommages et intérêts à chacun des deux policiers blessés la nuit des faits. Jusque-là, rien de très particulier… Mais voilà.
L’homme condamné n’est pas le bon. En réalité, il ne s’appelle pas Ayoub M., mais Walid Taki, né le 16 mai 1989, à Oujda, au Maroc. Depuis 2010, il usurpe en permanence l’identité d’Ayoub M., qu’il connaît bien pour avoir été placé, à son adolescence, chez ses parents, qui étaient alors famille d’accueil.
Ces dix dernières années, le « vrai » Ayoub reçoit régulièrement des amendes – très souvent majorées, et pour cause ! – pour des infractions routières qu’il n’a évidemment jamais commises. Pire encore : après la condamnation de Taki, il y a plus d’un an, la victime, qui demeure en région parisienne, a été interpellée par la police, lors d’un contrôle routier, et placée en garde à vue pour… conduite sans permis. Et comme si ça ne suffisait pas, il a même perdu son emploi de chauffeur à la RATP.
« Ce gars m’a créé mille problèmes ! Comme il est en situation irrégulière, il n’a pas de papiers et continue à se servir de mon nom. C’est plus facile, comme ça ! ».
Christian Lefèvre
(*) Le FAED (fichier automatisé des empreintes digitales) sert à la recherche et à l’identification des auteurs de crimes et de délits, ainsi qu’à la poursuite, à l’instruction et au jugement des affaires criminelles et délictuelles dont l’autorité judiciaire est saisie.