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L'envers des écouvillons : à Aurillac (Cantal), le quotidien éreintant des maillons de la chaîne du dépistage PCR

« Depuis deux voire trois semaines, le standard téléphonique est compliqué à gérer », euphémise Lucie. Cette jeune secrétaire médicale travaille chez Sylab, à Aurillac, depuis janvier 2019. En trois ans, elle a vu sa vie quotidienne muter sous l’effet du variant Covid. « Disons qu’on ne pense un peu qu’à ça… »

Heures sup' et organisation en trois-huit : toute l’équipe, composée d’environ 160 personnes, s’est adaptée pour absorber la charge, galopante, de travail.

Les non-vaccinés entravés dans leur vie quotidienne dans le Cantal

Les coups de fil pleuvent. Certains patients trouvent les délais trop longs et le font savoir. La dernière fois, le résultat de leur test PCR était tombé bien plus tôt. Oui, mais c’était avant Omicron, essaye d’expliquer le standard. Et non, désolé, mais on ne peut pas faire d’exception, tente de raisonner le secrétariat.

« On reste des humains. »

« On sait que l’on donne tout, que l’on ne peut pas faire plus, témoigne Lucie. Cela n’empêche que l’on est fatigué. Et de voir que les gens sont agressifs, parfois, c’est dur à entendre. On les comprend. Mais quand on sait ce qu’il y a derrière, comme du travail de nuit… Nous, on donne tout, mais on ne voit pas la reconnaissance. Il faut avoir conscience que nous faisons au mieux, souligne-t-elle. On reste des humains. »

« C’est un peu démoralisant. Mais on s’accroche »

Pour cette secrétaire médicale, depuis le début de l’épidémie de Covid, la charge mentale n’a jamais été aussi lourde. Cette vague est la pire. « L’an passé, nous avions beaucoup travaillé pendant deux semaines “de prévention” pendant les fêtes, puis ça s’était calmé, compare Lucie. Tandis que là, on a beaucoup donné durant deux semaines… mais ça ne désemplit pas. Il faut continuer à garder le même rythme », détaille-t-elle.

Dans cette salle de réunion transformée en mode Covid, une employée du laboratoire Sylab prépare des kits de prélèvement PCR. Photo Jérémie Fulleringer.

La fatigue s’installe, durablement. Et prend le pas. Ce que ressentent des millions de Français, ces laborantins le vivent au centuple. « On n’a aucune vision. L’année dernière, c’était le premier Noël, la première fois, se remémore Lucie. Ce n’était pas pareil. Là, c’est la deuxième fois, on a le vaccin… Et le fait de voir que c’est limite pire que l’année dernière, c’est un peu démoralisant. Mais on s’accroche », sourit-elle. Car même si l’équipe n’entrevoit pas le bout du tunnel, elle reste soudée. Corps et âme. « Nous donnons énormément, martèle Lucie. Nous sommes très solidaires et faisons tout pour que les patients aient leurs résultats au plus vite. »

L'activité Covid cohabite avec les autres

Avant l’arrivée du Covid-19, le laboratoire Sylab ne disposait pas d’unité biologie moléculaire. « En investissements matériel et humain, nous avons commencé à développer cette partie en mai 2020. Qui s’est depuis considérablement renforcée avec le temps », retrace Thomas Charbonnier, directeur général. C’est simple : avant le Covid, le plateau technique ne possédait aucun thermocycleur, ces machines qui permettent d’analyser, par polymérisation en chaîne (la fameuse PCR), le contenu des écouvillons. Maintenant, le laboratoire Sylab dispose de trois thermocycleurs. Et un quatrième arrive bientôt.

« Sans compter le Covid, nous sommes en suractivité. »

Côté effectifs, le personnel a été renforcé à hauteur de « 10 à 15, voire 20 % en fonction des pics épidémiques », selon Thomas Charbonnier. Mais il ne faut pas croire que le Covid a supplanté le reste des maladies. Comme l’hôpital, le laboratoire traite d’autres patients. Réalise d’autres analyses.

« On n'a jamais connu ça »

Technicienne de laboratoire, Maryline supervise l’installation de deux nouveaux automates de biochimie/immunologie, qui déchiffrent des prises de sang. « Ils sont arrivés en juillet. Il y a un temps long de préparation, de manière à vérifier qu’ils ne rendent pas des résultats aberrants », explique-t-elle. Une phase dite de validations de méthodes, essentielle pour la vie d’un laboratoire, qui doit perpétuellement renouveler ses machines. « Le changement était prévu avant le Covid, commente Thomas Charbonnier. Puis le Covid est arrivé, donc cela nous a décalés. Mais de base, sans compter le Covid, nous sommes en suractivité… »

Maryline, technicienne de laboratoire, manie un nouvel automate. Photo Jérémie Fulleringer. 

Dans l’unité dédiée à l’entretien du laboratoire, Renée est employée ici depuis douze ans. La charge de travail ? « On n’a jamais connu ça. Heureusement, on s’entraide pas mal. Il faut reconnaître que l’on est un peu épuisé, mais on se motive moralement », retient-elle.

« Souvent, le soir, on reste pour aider les collègues. Ça va qu’on est une bonne équipe, solidaire. »

Technicienne de laboratoire, Stéphanie a été recrutée à l’été 2020 pour ses connaissances en biologie moléculaire. Sur le plateau, elle « technique » les CFX. C’est-à-dire qu’elle fait marcher les trois automates analysant les prélèvements Covid.

« Tout le monde fait son maximum »

Chaque machine avale une plaque de 93 tests. Et la plaque reste au moins deux heures dans l’automate, qui tourne non-stop jusqu’à 5 heures du matin. La machine ne se repose que deux petites heures par nuit, pour s’aérer… Puis à l’aube, dès 7 heures, rebelote. Bien sûr, pour préparer chaque cycle de l’automate, les laborantins et leurs petites pipettes doivent fournir un travail colossal, d’une extrême précision. « La biologie moléculaire, c’est de la haute couture », résume Stéphanie.

La préparation d'une plaque de tests, avant son passage au thermocycleur. Photo Jérémie Fulleringer.

« Je comprends qu’au bout d’une ou deux heures d’attente, les gens se mettent à râler, même si ce n’est qu’une minorité. Mais, derrière, tout le monde fait son maximum, répète-t-elle. Il faut en avoir conscience. Au drive, qu’il pleuve, vente, neige ou fasse 40 degrés, les filles, elles sont là. Et ce n’est pas forcément facile… »

Dans la semaine du 3 au 9 janvier, Sylab a rendu les résultats d’environ 12.000 tests Covid (dont plus de 1.000 positifs), d’après Thomas Charbonnier. Soit « la plus grosse semaine jamais réalisée de toute la crise ». À une cadence de 2.000 tests par jour, le laboratoire est arrivé « au plateau » de ce qu’il peut analyser. « C’est une chaîne qui, selon moi, n’a pas de maillon faible, illustre le directeur général. Quel que soit le poste, il y a un engagement entier des équipes. Elles se donnent à fond. »

Romain Blanc

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