Benjamin Biolay, Abd Al Malik et tant d'autres attendus à Guéret (Creuse)
Les spectateurs en mal de culture peuvent exulter. Enfin, elle revient sur le devant de la scène et s’offre à tous, sans jauges restrictives, sans mépris du moindre public. Les artistes et tout le monde du spectacle peuvent respirer un grand coup. Et du côté des programmateurs, enfin, ça y est, on y est : l’heure de la reprise a sonné.
Si chaque ouverture de saison est attendue impatiemment de part et d’autre de la scène, que dire de celle-ci ?
« C’est vrai, c’est une reprise particulière, sourit Hervé Herpe. Sauf qu’on n’a pas arrêté de travailler car c’était la volonté de la Ville de soutenir les artistes. Qu’on n’abandonne pas les compagnies par rapport aux projets qu’on avait. On a reprogrammé systématiquement tous les spectacles cette année, voire l’année prochaine avec un projet supplémentaire déjà acté avec ces compagnies. C’était important aussi pour la survie économique de celles-ci. Pendant le deuxième confinement, on leur a ouvert nos salles : le plateau n’a pas été libre un seul jour?! »
Artistes et directeurs de salle sont très inquiets à Guéret : les arts vivants meurent en silence
Et si le directeur artistique de La Guérétoise de spectacle est enthousiaste, il n’est pas le seul. La maire de Guéret aussi. « C’est d’autant plus fort cette année que l’an dernier, on avait eu une espèce de démarrage, on avait eu de l’espoir et, c’est le pire de tout, on a été coupé dans notre élan. La programmation était alléchante, il y avait de l’enthousiasme et toutes les énergies sont retombées. Sans oublier cette inquiétude pour les artistes. On s’est demandé comment, a minima, continuer à faire vivre cette culture à Guéret et ça, Hervé et son équipe l’ont réussi. » Hervé Herpe et Marie-Françoise Fournier« On travaille avec une quinzaine d’intermittents et ils risquaient de perdre leur statut, poursuit Hervé Herpe. Ils ont été embauchés sur du travail d’accueil de compagnies, de gestion de la salle, d’entretien du matériel. » « On ne pouvait pas laisser mourir tout ce monde qui gravite autour de la culture, souligne la maire. Cette saison, on espère qu’elle sera la récompense de tout ça. »
« Entre les poires et les poireaux »
Pas question de réserver la culture à un public restreint. La politique tarifaire, la programmation… : tout est fait pour que les spectateurs puissent venir en nombre et sans crainte. « Quand on fait une programmation, on ne la fait pas pour se faire plaisir à soi », souligne le directeur artistique. Une programmation qu’il faut également savoir vendre au plus grand nombre : « Vous voyez, ce samedi, je vais m’installer un petit stand sur le marché et je vais parler de notre saison culturelle entre les poires et les poireaux », sourit Hervé Herpe. Et pour la vendre, il faut l’avoir achetée. Là aussi, le savoir-faire de l’équipe et la réputation de la salle font mouche auprès des artistes et des tourneurs. « Pour le concert de Benjamin Biolay, on avait fait le deal sur la tournée avant la sortie de son disque, ses Victoires de la musique… Pour sa reprogrammation, on reste sur les conditions prévues initialement. Ça aussi, c’est un travail de fond que l’on fait avec les tourneurs : ils connaissent l’accueil de l’équipe et du public. » La fidélité paie et coûte ainsi moins cher…
Baisser enfin le rideau sur une saison qui, il y a quelques semaines encore, alternait gros espoirs et douches froides : « On dansait sur un volcan, témoigne le directeur artistique. Même pour les Nuits d’été, une semaine avant, on ne savait pas quelles contraintes on allait avoir alors qu’habituellement on prépare le rendez-vous des mois à l’avance ». La douche froide a aussi arrosé un public assoiffé de culture à la rentrée dernière. « Depuis 2004, je n’avais jamais vu autant de spectacles complets dès le début de la saison. Et là, c’est reparti. Hier (mardi, N.D.L.R.), dès son ouverture, la billetterie a été prise d’assaut. En une journée, on a fait ce qu’on fait d’habitude en un mois. »
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2. Colères« En ces temps de grand n’importe quoi, ce spectacle de François Rollin avec Jean-Jacques Vannier, sur un mec devenu complotiste parce qu’il ne s’est pas remis d’un traumatisme, c’est très intéressant par rapport à tout ce qui se passe en ce moment. » À voir le 9 décembre à 20?h?30 à l’Espace Fayolle.
3. The Wackids - Back to the 90’s Spectacles 2021, 2022 la Guérétoise, Wackids : crédit photo Florent LarrondeLe concert de musiques actuelles pour adultes où il faut emmener ses enfants. À voir le 4 mars à 20 heures à l’Espace André-Lejeune.
4. La Manufacture verbale Concert de musiques du monde, « une tour de Babel sonore ». La Manufacture sera en résidence de création durant une semaine et ira à la rencontre de jeunes de l’IUT, du Cada, des associations… À voir le 1er février à 20?h?30 à l’Espace Fayolle.
5. Govrache Ce chanteur, qui a fait la première partie de Gauvain Sers, sera également en résidence création sur une semaine. « Il va travailler avec des gamins de Guéret sur du slam et du rap et ils feront sa première partie. À voir le 7 avril à 20?h?30 à l’Espace Fayolle.
Bonus coup de cœurLe Bourgeois gentilhomme : il n’y aura que cent places pour cette version déambulatoire et moderne de la pièce de Molière qui se tiendra le 31 mai à 20 h 30 à l’hôtel de ville.
Et aussi (mais dépêchez-vous, il ne reste plus beaucoup de place) :Benjamin Biolay le 13 novembre à 20 h 30 à l'Espace André-Lejeune ; Abd Al Malik, le 29 mars à 20 h 30 à l'Espace André-Lejeune.
À voir. Présentation de saison samedi à partir de 19 heures à l’Espace Fayolle : présentation des spectacles, collation et performance mix électro… Entrée libre.
Séverine Perrier