À La Bourboule (Puy-de-Dôme), la destruction du site de la source d'eau chaude de Croizat crée la polémique
Une pétition recueillant plus d’un millier de signatures, une page Facebook avec plus de 750 membres, des propos menaçants à son encontre… En lançant des travaux « de mise en sécurité » du site de la source d’eau chaude de Croizat, François Constantin se doutait bien que cette décision susciterait colère et indignation.
Le maire de La Bourboule a "pris ses responsabilités"« Mais il y a des moments où il faut prendre ses responsabilités », assume le maire de La Bourboule, qui n’a pas souhaité en dire plus pour le moment, déplorant la violence des menaces à son encontre observée sur les réseaux sociaux.
En début de semaine, les engins de chantier ont fait leur apparition sur ce site, situé sur la commune du Mont-Dore, mais propriété de sa voisine de La Bourboule. Pour beaucoup, c’est « un lieu naturel historique et emblématique de la station » qui vient de disparaître.
Des piscines naturelles... où la baignade est interditeLa source Croizat, du nom d’une famille très connue de la commune qui en avait fait don à la compagnie des eaux minérales de La Bourboule à la fin du XIXe siècle, était l’une des dernières sources d’eau chaude librement accessible. Et bien que des arrêtés municipaux en interdisent la baignade depuis de nombreuses années, il n’était pas rare de voir des gens venir s’immerger dans ces piscines naturelles.
C’est d’ailleurs l’intitulé de la pétition lancée cette semaine et demandant « L’accès libre et autorisé à la source d’eau chaude de Croizat ». « Il n’y avait aucun aménagement pour la baignade en termes de sécurité et de salubrité publique et nous devions très régulièrement intervenir notamment pour troubles à l’ordre public », rappelle-t-on cependant du côté de la gendarmerie.
Un manque de concertation pour les défenseurs du siteDes nuisances que les défenseurs du site ne nient pas, mais qui selon eux ne justifient pas une décision aussi radicale. « C’est un lieu emblématique, une curiosité qu’il aurait fallu mettre en valeur et sécuriser plutôt que détruire », souligne par exemple Christophe Chalanche. Ce responsable de camping regrette également l’absence de concertation sur ce dossier.
Maxime Escot (avec M.-C. M.)