Dakar : de Soultrait sur la troisième marche du podium au général
Il fallait voir son sourire surélever ses pommettes et ses cernes creusés par la fatigue et les projections de sable. En ce début d’après-midi sur le bivouac de Wadi Ad-Dawasir, Xavier de Soultrait savoure. Pour la première fois, le Moulinois, qui participe au Dakar sans discontinuer depuis 2014, est monté sur le podium provisoire du plus éprouvant des rallyes-raids.
« Ça récompense tous mes efforts »Dans une catégorie où les favoris se bousculent, Xavier de Soultrait fait preuve de constance. 19e du prologue, 6e de la 1 ère étape, 10e de la seconde et 6e ce mardi, il s’offre la troisième place du podium au classement général avec seulement 1'28'' de retard sur le nouveau leader, l’Américain Howes Skyler. Son classement tantôt 2e, tantôt 3e a varié durant la journée au jeu des pénalités ou non infligés à ses adversaires. « J’ai l’impression que ce parcours est fait pour qu’on s’éclate », explique-t-il en se remémorant les canyons traversées ce mardi. Oui, c’est un très bon début de Dakar. Ça récompense tous les efforts que j’ai pu faire en amont pour essayer d’être performant. »Ses efforts, cela fait plusieurs mois qu’il les fournit, d’autant qu’il a fallu s’adapter après un coup dur : sa non-reconduction chez Yamaha où il pilotait depuis 2012. « Avec Yamaha, c’était une belle histoire, explique-t-il. J’avais même envisagé d’y faire toute ma carrière ». Il assure avoir ressenti de « l’amertume » mais souhaite ne retenir que du positif. « Le changement peut apporter de très bonnes choses. Je n’aurai sans doute pas eu le courage de partir de moi-même ».
« Ici, c’est un peu à l’arrache »C’est chez Husqvarna qu’il a rebondi en tant que pilote client. En somme, Xavier a dû payer sa place dans l’équipe, comme tous les pilotes amateurs. Pendant des mois, il s’est évertué à trouver des sponsors, à boucler son budget et à s’adapter. En parallèle, le pilote poursuit ses entraînements physiques et disputent deux rallyes-raid, la Transanatolia (Turquie) et le rallye d’Andalousie (Espagne) avant d’arriver en Arabie Saoudite.
Certes, les conditions changent en matière de logistique par rapport à l’organisation d’une équipe officielle comme Yamaha. D’ailleurs, son frère, présent à ses côtés depuis deux éditions, n’a pas pu faire le déplacement. « Je me rends compte de tout le travail qu’il faisait », sourit Xavier qui cherchait… une machine à laver en ce mardi après-midi. « Ici, c’est un peu à ‘l’arrache’, il n’y a pas de confort mais je me sens bien plus heureux parce que je gère mon projet, je m’organise de A à Z ».
« Il passera ce qui se passera, je ne veux pas calculer »
En revanche, sa moto, une FR 450 Rally, lui offre toutes les satisfactions. « Ce mardi, il y a eu des portions où on a roulé à fond, à 140 km/ h, sans inquiétude. J’ai confiance dans la moto et son moteur. Elle est performante en plus d’être robuste. » Xavier de Soultrait reconnaît « prendre beaucoup de plaisir » et ne veut pas trop se projeter. « Il passera ce qui se passera, je ne veux pas calculer ».
Il ne reste plus qu’à savourer, donc, en attendant déjà impatiemment la 4 e étape, mercredi, la plus longue de ce Dakar (813 km dont 337 km de spéciale).
Antoine Grenapin