Les pharmaciens du Puy-de-Dôme ont du mal à se fournir en vaccins contre la grippe
« C’est la première fois que cela arrive, les stocks sont à zéro partout », résume Nicolas Verdier, pharmacien à Clermont-Ferrand et président du syndicat départemental. Les pharmaciens puydômois n’arrivent pas à obtenir toutes les doses de vaccins nécessaires. Certains ont reçu commande mais pour d’autres, partiellement. Des personnes « prioritaires (*) » attendent encore d’être vaccinées.
Des professionnels dans l’expectative« Cette année, les livraisons se font en cadencé. Nous avons reçu une première partie des stocks mais de nombreux confrères n’ont toujours pas reçu la deuxième », explique Nicolas. « Nous attendons désespérément cette seconde livraison depuis un mois », témoigne Sigolène Brun, pharmacienne à Beaumont.
En début de campagne, j'ai écoulé tout mon stock en seulement 36 heures au lieu d'un mois en temps normal
Derrière le comptoir de son officine, Sigolène est inquiète : « Les laboratoires repoussent sans cesse les dates de livraison et nous n’arrivons pas à les joindre... J’ai plus de 100 patients en attente de leur vaccin. »Les patients jonglent entre les pharmacies pour se faire vacciner mais c'est partout pareil. Photo Jérémie Fulleringer
De leur côté, les laboratoires tentent de rassurer les professionnels de santé. « Ils prétendent que les vaccins sont prêts, qu’ils sont dans leurs frigos mais ils ne les livrent pas, je trouve cela bizarre », estime Nicolas Verdier. « Je commence à m’inquiéter, j’ai peur qu’on ne soit jamais livrés », lance Sigolène Brun.
Un facteur de stress pour les patientsAu-delà des problèmes de livraison et du contexte sanitaire extraordinaire, les pharmaciens ont également des patients anxieux à gérer. « Nous recevons plusieurs appels par jour et à chaque fois, nous sortons le même discours. Malheureusement, nous sommes tous dans le flou total, on ne sait pas si on recevra de nouvelles doses. Ni combien, ni quand », dit le président du syndicat.
Le client nous demande logiquement de commander lorsque le stock est vide mais ça ne marche pas comme cela pour le vaccin
« Nous sommes bien sûr moins exposés que le personnel soignant hospitalier et pourtant nous atteignons la limite. On tire sur la corde mais elle va finir par lâcher un jour ou l’autre », termine-t-il.
(* ) Priorité aux personnes de plus de 65 ans, aux femmes enceintes, aux gens souffrant de pathologies chroniques, d’obésité et ceux qui résident dans un établissement de soins. Et bien sûr, aux soignants.
Nathan Marliac